Armes et armements > Grande-Bretagne > Infantry Tank Mark IV Churchill

En septembre 1939, s'inspirant des combats ayant eu lieu dans la Somme au cours de la Première Guerre mondiale, l'état-major britannique rédigea les spécifications d'un véhicule d'infanterie lourd susceptible de percer la ligne Siegfried. L'engin imaginé devait être doté d'une cuirasse frontale de 60 mm capable d'encaisser les obus perforants de 37 mm du Pak 36. Il devait être équipé d'un canon à haute vitesse de 2-Pdr (40 mm) ou d'une pièce à haute vélocité de 95 mm. La vitesse n'était pas jugée importante car le blindé devait accompagner l'infanterie à pied. En revanche, la mobilité, tout comme une pression massique raisonnable, était considérée comme primordiale. L'engin devait être capable d'évoluer dans tout type de terrain, à n'importe quelle saison. Concernant l'emplacement de son artillerie, plusieurs configurations furent proposées. Finalement, le Mechanisation Board décida de l'équiper d'une tourelle de Matilda dotée d'un canon de 40 mm, d'un obusier de 76,2 mm sur l'avant de la caisse, et de deux mitrailleuses Besa dans les nacelles latérales. Le 25 septembre, une maquette en bois était finalisée. Quatre chars furent commandés le 28 octobre 1939 par le Mechanisation Board, sous la dénomination d'Infantry Tank Mk. IV (A20), à la firme Harland and Wolff Ltd. Livré sans armement et bien trop rapidement, le prototype avait de nombreux défauts. Son moteur diesel de 300 cv était défaillant et sa boîte de vitesses présentait de graves dysfonctionnements. Vauxhall Motors Ltd fut alors chargé d'élaborer un nouveau bloc propulseur. Le projet dépassant les compétences d'Harland and Wolff Ltd, la société Wauxhall fut finalement nommée maître d'oeuvre du programme dans son entièreté.

À la suite du désastre de Dunkerque, le besoin de réarmer à tout prix les troupes poussa le Minitry of Supply (ministère de l'Équipement) à se tourner vers la société Vauxhall de manière à ce qu'elle fasse du prototype A20 – son projet le plus avancé et le seul projet viable à court terme – un char apte à affronter les Panzers. Celui-ci fut baptisé A22 et devait succéder aux Matilda et Valentine considérés comme obsolètes. Dans la précipitation, les travaux démarrèrent en juillet 1940. Une invasion allemande étant considérée comme imminente, il était prévu de mettre le nouveau char en production avant un an. Les premiers prototypes sortirent en décembre 1940, et les premiers exemplaires de série en juin 1941. À cette date, l'Infantry Tank Mk. IV (A22) fut baptisé Churchill, en hommage au Premier ministre, en raison de sa puissante stature et de sa silhouette trapue.

Le Churchill Mark I avait pour équipage 5 hommes. Il était équipé d'un obusier de 76,2 mm, installé en position frontale et destiné à prendre à partie les retranchements adverses. Il était également doté d'un canon de 40 mm en tourelle qui jouait le rôle d'antichar. Le train de roulement du Churchill était inspiré de celui du char français B1 bis. Ses chenilles enveloppantes entouraient la caisse afin de favoriser le cheminement en tout-terrain. Elles comprenaient 70 patins en fonte. Simple et bon marché, la suspension indépendante à ressort hélicoïdal, monté verticalement, comprenait onze petits galets de chaque côté, de manière à répartir au mieux la masse. Étant donné que chaque système de suspension fonctionnait indépendamment l'un de l'autre, même avec des galets endommagés, la stabilité était préservée. Mais, les chenilles tout comme les suspensions se brisaient régulièrement. De leur côté, les joints, les boggies et les roulements à billes présentaient une endurance insuffisante. Le bloc propulseur constituait l'une des faiblesses du Churchill. En effet, sa puissance était insuffisante pour garantir un bon rapport puissance/poids, ses 40 tonnes atteignant péniblement les 26 km/h. Pour un char d'infanterie, cette vitesse était suffisante. Cependant, la campagne de France avait démontré que ce type de blindé était devenu obsolète. Faute de temps, les Anglais étaient néanmoins contraints de poursuivre dans cette voie. Pour diminuer la fatigue du conducteur, le poste de pilotage du Churchill était pourvu de gouvernes hydrauliques. Un système de direction Merritt-Brown aidait le pilote à faire varier le rayon du virage en fonction du rapport engagé. Plus la vitesse était faible, plus le virage était court. Ce mécanisme diminuait la perte d'énergie lors de ces manoeuvres. La boîte de vitesse était beaucoup trop fragile si bien qu'il fut décidé de la remplacer dès le 101e Infantry Tank Mark IV. Lorsque le char était en mouvement, l'absence de garde-boue provoquait des nuages de poussière qui rendait tout repérage difficile. Le champ de vision du conducteur était en plus obstrué par les hautes chenilles. La trappe du chef de char était rotative mais elle n'était pas installée en tourelleau. De plus, elle n'était équipée que de deux périscopes : un à l'avant et l'autre à l'arrière. Des techniciens de Vauxhall furent détachés en unité afin d'assurer les réparations urgentes et d'identifier les faiblesses du Churchill Mark I. Le travail de fiabilisation s'avérait si colossal que, plusieurs fois, l'élaboration de l'Infantry Tank Mark IV fut sur le point d'être stoppée. Sans aucune alternative crédible, le War Office était condamné à poursuivre le programme et à lancer de nouvelles commandes.

Malgré ses défauts, le Churchill Mark I était doté de performances surprenantes en tout-terrain et avait la faculté de franchir des hauteurs jugées inaccessibles à d'autres véhicules. Sa coque était recouverte de plaques d'acier boulonnées ou rivetées. Afin de faire face aux défenses ennemies, la cuirasse frontale du Churchill atteignait 101 mm. Le blindé était ainsi à l'abri de la majorité des canons allemands. Son vaste habitacle et sa solide plate-forme lui permirent d'être décliné dans des versions plus puissantes (Mark II, Mark III, Mark IV...) ou plus spécialisées (Crocodile, AVRE...). Le Churchill connut son baptême du feu durant le raid de Dieppe le 19 août 1942. Jusqu'à l'arrivée de l'A27 Cromwell, il fut considéré comme la meilleure machine anglaise alors en ligne.

Profils couleur

Spécifications techniques

  • Churchill Mark I (A22)
  • Churchill Mark II (A22A)
Churchill Mark I (A22)
Type char lourd d'infanterie
Nb d'exemplaires produits 303
Équipage 5 hommes
Poids 38,5 tonnes (Pression au sol : 0,92 kg/cm2)
Longueur 7,44 m
Largeur 3,25 m
Hauteur 2,49 m
Motorisation Moteur : Bedford Twin-Six essence
Nombre de cylindres : 12 cylindres
Puissance : 350 cv à 2200 tr/min.
Vitesse maximale Route : 26 km/h
Tout-terrain : 13 km/h
Autonomie Route : 203 km
Blindage Tourelle :
Frontal : 89 mm
Latéral : 89 mm
Arrière: 89 mm
Toit : 19 mm

Caisse :
Frontal : 89 mm
Latéral : 76 mm
Arrière : 64 mm
Plancher : 19 mm

Superstructure :
Frontal : 101 mm
Latéral : 76 mm
Arrière : 64 mm
Armement Principal :
Canon ROQF 2-Pdr Mk. IX-XA L/50 (40 mm)

Secondaire :
1 obusier 3-inch Howitzer Mk. I (76,2 mm)
1 mitrailleuse Besa de 7,92 mm
1 mitrailleuse Bren de .303 (7,7 mm)
1 lance-bombes fumigènes de 2-inch
Radio No. 19 ou No. 38
Churchill Mark II (A22A)
Type char lourd d'infanterie
Nb d'exemplaires produits 1127
Équipage 5 hommes
Poids 38 tonnes (Pression au sol : 0,92 kg/cm2)
Longueur 7,42 m
Largeur 3,23 m
Hauteur 2,47 m
Motorisation Moteur : Bedford Twin-Six essence
Nombre de cylindres : 12 cylindres
Puissance : 350 cv à 2200 tr/min.
Vitesse maximale Route : 26 km/h
Tout-terrain : 13 km/h
Autonomie Route : 203 km
Blindage Tourelle :
Frontal : 89 mm
Latéral : 89 mm
Arrière: 89 mm
Toit : 19 mm

Caisse :
Frontal : 89 mm
Latéral : 76 mm
Arrière : 64 mm
Plancher : 19 mm

Superstructure :
Frontal : 101 mm
Latéral : 76 mm
Arrière : 64 mm
Armement Principal :
Canon ROQF 2-Pdr Mk. IX-XA L/50 (40 mm)

Secondaire :
2 mitrailleuses Besa de 7,92 mm
1 mitrailleuse Bren de .303 (7,7 mm)
1 lance-bombes fumigènes de 2-inch
Radio No. 19 ou No. 38
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