Vidéothèque > Le jour où… Churchill a choisi la guerre

Mai 1940. Winston Churchill entame les premières semaines de son mandat de Premier ministre du Royaume-Uni dans un contexte dramatique. Sur le continent, la guerre est perdue. Les Allemands ont anéanti les troupes françaises et belges, et la Royal Navy tente de forcer l’évacuation du corps expéditionnaire britannique pris dans une souricière sur les plages de Dunkerque. La débâcle militaire est totale. La menace d’une invasion de la Grande-Bretagne est réelle. Côté anglais, on s’interroge. Faut-il négocier la paix avec les Allemands ou continuer à combattre ? Si Churchill aime à évoquer une Angleterre entièrement dressée contre le nazisme, la réalité est tout autre. Les membres de l’establishment, en majorité conservateurs, sont partisans du compromis, redoutant la confrontation avec Hitler. En revanche, Churchill s’oppose farouchement à la négociation et veut en découdre. Le « vieux lion » considère Hitler comme un homme sans foi ni loi qui ne négocie que pour mieux trahir sa parole.

Le 28 mai 1940, un affrontement politique de tout premier plan a lieu au 10, Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique. Chaque jour, une version restreinte du gouvernement y réunit un cabinet de guerre qui prend les décisions cruciales pour la conduite du conflit. Churchill s’oppose à deux adversaires redoutables : Neville Chamberlain, qu’il vient tout juste de remplacer à la tête du gouvernement, et lord Halifax, le ministre des Affaires étrangères. Tous deux veulent croire à l’intercession de Mussolini pour négocier une paix séparée avec Hitler et sont même prêts à céder certaines colonies, ainsi que le contrôle de la Méditerranée. Churchill refuse de plier, opposé de tout son être à la possibilité d’une capitulation. Et, surtout, il affirme qu’il est encore possible de gagner la bataille d’Angleterre. Pour le Premier ministre, la flotte britannique reste supérieure à la Kriegsmarine et est en mesure de repousser un débarquement allemand en Grande-Bretagne. Le cas échéant, le corps expéditionnaire qui était piégé à Dunkerque a finalement été rapatrié et pourra défendre le territoire. La clé du conflit consistera surtout à confisquer la maîtrise du ciel à la Luftwaffe. En la matière, les Anglais ont quelques arguments à faire valoir : ils disposent de tout nouveaux radars qui permettent de repérer les raids aériens. Ils ont en outre décrypté les codes secrets des transmissions ennemies et ont ainsi connaissance des plans de l’état-major allemand.

Malgré le défaitisme de son cabinet de guerre, Churchill est donc déterminé à livrer bataille. Il provoque une réunion d’urgence avec l’ensemble des membres du gouvernement pour retourner la situation. Et il lance son offensive avec son arme la plus convaincante : sa légendaire éloquence… Au terme de son allocution, les ministres, conquis par la portée du discours de Churchill, se lèvent et l’ovationnent. « Chacun des ministres était prêt à se faire tuer séance tenante et à voir ses biens et sa famille anéantis plutôt que de se rendre. Une lumière éblouissante, irrésistible, sublime, traversait notre île de bout en bout », écrira sir Winston Churchill dans ses Mémoires…

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