Vidéothèque > Le jour où… de Gaulle a choisi la guerre

« De Gaulle, un grand homme ? Il est arrogant. Il est égoïste. Il se considère comme le centre de l’univers. Oui, vous avez raison, c’est bien un grand homme. » Vu avec un brin de malice par Winston Churchill, le général de Gaulle pourrait perdre un peu de sa superbe. C’est pourtant avec un panache presque sans égal qu’il est entré dans l’Histoire. Né à Lille le 22 novembre 1890, le Saint-Cyrien a longtemps été pour ses contemporains un militaire de carrière parmi d’autres. Repéré néanmoins par ses supérieurs pour ses qualités de conférencier, distingué par quelques faits d’armes audacieux au cours de la Première Guerre mondiale, puis de la bataille de France, Charles de Gaulle a fini par sortir de l’anonymat par son esprit anticonformiste, dont témoignent les quatre essais qu’il publie dans l’entre-deux-guerres. Plaidant pour une armée de métier, de Gaulle défend dès la fin des années 1920 la montée en puissance nécessaire de l’association blindés-aviation, prévoit le retour de la guerre de mouvement et mise sur la prééminence du politique sur l’état-major. L’avenir va lui donner raison.

Depuis que la France et l’Angleterre ont déclaré la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, le conflit est limité à quelques escarmouches. La « drôle de guerre » s’achève lorsque, le 10 mai, les Allemands déclenchent une guerre éclair, le Blitzkrieg. Évitant soigneusement la ligne Maginot, leur offensive passe par les Pays-Bas, la Belgique et les Ardennes. Bombardements aériens intensifs, chars d’assaut lancés à pleine puissance et déferlement de fantassins percent de toutes parts le front. Près d’1 million de soldats français et britanniques sont encerclés à Dunkerque. Des dizaines de milliers de civils sont jetés sur les routes. Les armées alliées sont en déroute. C’est la débâcle.

Nommé président du Conseil en mars 1940 par Albert Lebrun, Paul Reynaud remanie son gouvernement le 6 juin. L’heure est grave. Après avoir servi sous les ordres de Pétain en 1912, puis l’avoir rejoint en 1925 au Conseil supérieur de la guerre, l’auteur du Fil de l’épée va de nouveau croiser la route du vainqueur de Verdun. Alors que Pétain est nommé vice-président du Conseil, de Gaulle, élevé provisoirement au grade de général de brigade le 25 mai 1940, entre au gouvernement en tant que sous-secrétaire d’État à la Défense nationale et à la Guerre. Chargé de la coordination avec les Britanniques, il se bat, comme Reynaud et Churchill, pour la poursuite des combats. Mais le compte à rebours funeste est déjà enclenché. Le 14 juin, les Allemands défilent en vainqueurs sur les Champs-Élysées. Pétain et le général Weygand, le nouveau chef suprême des armées, pèsent de tout leur poids pour que la fin des hostilités soit signée. Le 16 juin au soir, Paul Reynaud donne sa démission au président Lebrun. Pétain lui succède. Après s’être démené sans compter entre Londres et Paris, puis Londres et Tours et enfin Londres et Bordeaux où le gouvernement s’est replié, de Gaulle ne veut ni ne peut se résoudre à la défaite. Acceptant d’être considéré comme un rebelle, un traître, un déserteur, un hors-la-loi, acceptant d’être condamné à mort par contumace par le conseil de guerre – il le sera en août –, il choisit de repartir pour l’Angleterre d’où il va organiser la résistance et poursuivre le combat. Laurent Joffrin et Laurent Portes font le récit des éléments décisifs qui l’ont conduit à refuser l’armistice avec l’Allemagne nazie.

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